« Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends. » Benjamin Franklin

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Le Bilan de compétences et L’écoute active


L’écoute active est compassionnelle, assertive, empathique. Elle est plus proche du besoin d’un être humain, d’être écouté.
Elle est gratuite et généreuse.
Après une période très psychologue et très psychologie, et des grands psychologues célèbres, comme Freud, on revient à d’autres notions que je qualifierai de plus logiques.

La psychologie, cela pourrait, parfois, ressembler à la voyance : ce n’est pas parce que l’on donne quelques billets, que l’allongement sur le divan est efficace, pas plus que la vision dans une boule de cristal.
Honnêtement, combien de psychologues écoutent vraiment ? Et pourtant, ils sont payés pour ça.
Ce sont des êtres humains, comme les autres, et leurs longues études, ne leur ont pas forcément apporté l’écoute empathique, la compréhension du cœur, ni le statut de surhomme.
Ils peuvent être fatigués, orgueilleux, pédants, obsédé par leurs honoraires, cupides comme beaucoup… et l’écoute active devient un ronronnement passif.
La résolution d’un problème, vient souvent, avec une ambiance propice, qui permet de s’exprimer en toute liberté auprès d’une oreille bienveillante
Il est tout à fait possible, de s’écouter (au sens noble du terme) soi-même. En effet, le seul fait de d’énoncer un problème à haute voix, devant quelqu’un d’empathique ou même avec soi-même, peut nous permettre de comprendre ce qui ne va pas en nous.
Mais si l’interlocuteur ne donne aucun signe d’intérêt, on ne peut aller au cœur du problème. La peur d’ennuyer l’autre, peut boucher le tuyau d’évacuation de la parole.
Un diplôme n’est pas l’outil le plus indispensable, pour savoir écouter, pour aider de manière active, celui qui en a besoin.
L’écoute, même si elle s’apprend, doit se trouver à l’état embryonnaire, quelque part dans nos gènes, dans notre inné.
Dans ce cas-là, les techniques d’écoute et d’entretien sont souvent suffisantes, si techniquement elles sont bien appliquées.
Dans ma carrière, j’ai eu l’occasion d’avoir des entretiens en face à face et auprès de plus de 2 000 personnes. J’ai pu constater que ceux qui font une thérapie, n’ont pas toujours les résultats escomptés, pas plus que ceux qui font un bilan de compétences, par exemples.
Pourquoi tant de personnes sont insatisfaites de leur bilan de compétences ? Pourquoi tant de personnes sont insatisfaites de leur psychothérapeute ? Pourtant ils paient la prestation, ils ont à faire à des personnes diplômées et parfois surdiplômées, ils subissent des batteries de tests (fois de formidables usines à gaz), et pourtant, ça ne marche pas toujours.
Il peut y avoir des causes externes, comme : ne pas avoir choisi le consultant ou le psychologue ou bien ne pas être motivé tout simplement, trop dépressif, etc.
Mais souvent ces personnes se plaignent de ne pas avoir été bien écoutées. Inattention visible, air ennuyé, un non-verbal non congruent : des attitudes incompatibles avec les accusés de réception de l’écoute active.
L’écoute active n’est pas le seul outil d’une psychothérapie ou d’un bilan de compétences par exemple. Il y a également la connaissance du marché du travail, la connaissance du monde du travail, l’expérience importante dans le monde de l’entreprise…
Un exemple :
Philippe à 42 ans, c’est un brillant scientifique. Les conditions de son travail ne lui conviennent plus. Il a un problème avec son image, avec son équipe, dans la plupart de ses relations personnelles et professionnelles. Il veut changer quelque chose dans sa vie, pour travailler mieux et plus heureux.
Après deux entretiens et deux mois de réflexion, nous commençons le bilan.
Il est évident qu’il est mal dans sa peau, il ne se reconnaît pas, même dans ses succès qu’il attribue volontiers aux autres…
Il a des problèmes avec ses compagnes, il se laisse manipuler…ceci malgré un cerveau brillant.
Il est en psychothérapie, avec un thérapeute depuis trois ans. Lorsque nous faisons le point sur ce qu’il était avant le début de sa thérapie et maintenant, d’après lui, rien ou presque rien n’a bougé.
Mais il continue d’aller chez son thérapeute, par habitude, par dépendance, par besoin d’être écouté même mal par quelqu’un qui a le secret professionnel.
Nous ne ferons qu’un seul test d’une heure, pour rassurer le scientifique qui est en lui. Nous ajoutons 24 heures d’écoute active.
Après huit séances de trois heures, on n’en sait plus sur un être humain, qu’avec des batteries de tests, dont la fiabilité reste très aléatoire. Les nombreuses batteries de tests permettent parfois, de se sentir moins responsable en cas d’échec du bilan et de passer moins de temps en entretiens, qui demandent tellement d’attention.
Toutes ces heures d’écoute active et bienveillante, exigent une présence de tous les instants, ce qui s’apprend. Mais elles sont également moins rentables que faire faire des tests enchainés les uns aux autres.
Au bout de ces 24 heures d’entretiens, il me dit qu’il a davantage avancé sur lui-même, quand trois années de psychothérapie. Pourtant, le bilan de compétence n’est pas une psychothérapie. Mais elle peut aider, lorsque le chemin devant la personne, se dessine avec des contours de plus en plus nets. Des contours pragmatiques, professionnels qui permettent de négocier un virage ou de savoir vers quelle voie on se dirige.
Cela suffit parfois, pour soulager le mal-être de quelqu’un qui a perdu sa boussole personnelle et celle de sa carrière.
Il en faut parfois beaucoup, et parfois il en faut peu, pour aider un individu.
À la fin de ce bilan, Philippe raconte qu’il a eu le courage, enfin, de quitter une femme toxique. Mieux encore, il vient de rencontrer une jeune femme qui l’admire et le soutient. On n’est pas à Lourdes, on est juste dans un bilan de compétences ordinaire.
Celui-ci, outre l’aide qu’il peut apporter, pour trouver sa voie et un projet professionnel concret, peut débloquer des situations personnelles et professionnelles, imbriquées.
Ce n’est pas un miracle. L’écoute active, entre autre, possède cette capacité de réveiller les outils qui sont en nous, souvent enfouis  plus ou moins profondément.
Philippe, s’est écouté et entendu raconter son chemin professionnel et parfois personnel. Le professionnel a validé son parcours, ses réflexions, ses projets réalisables. Aujourd’hui, il est convaincu d’avoir avancé, de posséder des qualités bien ancrées et tangibles sur lesquelles il va pouvoir s’appuyer pour rebondir sur un chemin dessiné avec un objectif mûrement réfléchi. Il arrive en arrive à accepter l’admiration de sa nouvelle compagne…
Il a encore beaucoup de chemin à parcourir, pour réparer, entre autre chose, une enfance auprès d’un père concurrent, dévalorisant et destructeur. Ses nouvelles motivations et prises  de conscience sur ses compétences et aptitudes réelles, lui seront salutaires, parce que validées.
Il est indéniable, que lorsque l’on se rend à son travail , ce n’est pas le voisin qu’on emmène sur notre poste, mais bien nous et ce que nous sommes.


Michèle DANGUY©2013

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